Les législateurs bruxellois ont pris des mesures pour lutter contre la montée du masculinisme, un mouvement qui gagne en influence auprès des jeunes en Belgique. La législation a été introduite mardi par la Commission régionale bruxelloise pour l’égalité des chances et les droits des femmes, visant à s’attaquer à l’influence croissante du discours masculiniste, en particulier sur les plateformes de médias sociaux.
Alex Hitchens, un influent masculiniste français ayant une importante audience sur TikTok, a suscité la controverse avec ses remarques minimisant le rôle des femmes dans la société, affirmant la supériorité des hommes. Dans ses déclarations, Hitchens a exprimé la nécessité pour les femmes de privilégier les responsabilités domestiques par rapport à leur carrière, indiquant que les femmes de 36 ans sont « pratiquement obsolètes ». Ces points de vue résonnent auprès d’une partie des jeunes francophones en Belgique, où trois quarts d’entre eux déclarent être conscients du masculinisme, et un sur dix exprime un accord avec ses idées, selon une étude de l’ASBL Forum des jeunes.
Former les forces de police
Pour contrer ces idées, la députée Leila Agic du Parti socialiste, auteure de la résolution, a souligné la nécessité d’équiper la police et les autorités locales d’outils pour faire face à l’influence croissante du masculinisme. « Bruxelles doit jouer son rôle », a déclaré Agic, en mettant l’accent sur la formation des personnes en contact régulier avec les jeunes, y compris les responsables scolaires et la police. Agic a mis en avant l’importance de comprendre et de traiter cette idéologie, notamment pour le personnel administratif et les unités de soutien qui aident les victimes de violence fondée sur le genre, afin qu’ils puissent naviguer efficacement à travers les problématiques émergeant de la rhétorique masculiniste.
La résolution a été amendée par Ecolo et inclut un mandat pour Safe.brussels, l’administration de sécurité et de prévention de la ville, de réaliser une étude sur les implications du masculinisme dans la région bruxelloise. Agic a critiqué la sous-estimation générale de ce phénomène en Belgique, appelant à une action rapide sur les enjeux qui trouvent leur origine sur les plateformes de médias sociaux. Elle a cité de récentes attaques masculinistes avortées contre des femmes en France pour souligner l’importance de la question, la présentant comme un enjeu à la fois de valeurs démocratiques et de sécurité publique.