Aujourd’hui: Sep 11, 2026
Les défis de l'intégration sociale se multiplient pour les CPAS de Belgique à l'occasion de leurs 50 ans de service

Les défis de l’intégration sociale se multiplient pour les CPAS de Belgique à l’occasion de leurs 50 ans de service

Au cours des cinquante dernières années, les centres publics d’action sociale (CPAS) sont devenus une pierre angulaire de l’aide sociale en Belgique. Leur champ d’intervention s’est progressivement élargi en réponse aux crises économiques, migratoires, sanitaires et énergétiques. En 2026, une réforme des prestations de chômage marquera un tournant significatif, car certaines personnes jusqu’alors exclues des allocations seront maintenant éligibles à un soutien via le CPAS.

La demande de services est déjà élevée. En Wallonie, les dépenses de transferts sont passées de 1,055 milliard d’euros en 2019 à près de 2 milliards d’euros en 2026. Les allocations municipales au CPAS ont atteint 814 millions d’euros, soit plus du double par rapport à 2011.

La Fédération estime également qu’environ 800 équivalents temps plein étaient nécessaires même avant l’entrée en vigueur des exclusions majeures de chômage.

À ces défis s’ajoute un ensemble de réformes, comprenant le chômage, la collaboration avec Forem, l’assistance aux personnes étrangères, les calculs d’intégration des revenus et des projets d’intégration conjoints entre communes et CPAS. La Fédération appelle à une compensation financière pour faire face à ces nouvelles charges, à un renforcement des effectifs et à un soutien supplémentaire pour l’aide alimentaire, les maisons de repos et les efforts de lutte contre la pauvreté énergétique.

Dans une vision d’avenir, la Fédération plaide pour l’établissement de pôles sociaux locaux accessibles et coordonnés, visant à préserver la mission fondamentale des CPAS : garantir la dignité humaine.

Se préparer pour l’avenir

Selon Alain Vaessen, directeur général de la Fédération des CPAS, le cinquantième anniversaire devrait principalement servir de tremplin pour préparer l’avenir. En 1976, environ 7 000 personnes bénéficiaient de l’aide des CPAS, contre environ 170 000 aujourd’hui.

La pression à servir continue d’augmenter : en Wallonie, le nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration a crû de près de 25 % au cours de la dernière décennie.

Les CPAS sont devenus un acteur indispensable de la sécurité sociale.

— Alain Vaessen, directeur général de la Fédération des CPAS

La réforme des prestations de chômage exacerbe davantage cette tendance. Vaessen note qu’un près de un bénéficiaire sur deux exclu des allocations se tourne actuellement vers un CPAS en Wallonie.

Il anticipe qu’à long terme, le nombre de bénéficiaires des CPAS pourrait dépasser celui des allocataires des prestations de chômage. Cette évolution nécessite des ressources humaines et financières supplémentaires pour maintenir un soutien de qualité. De plus, une réforme structurelle proposée par le gouvernement wallon vise à créer un service public local intégré d’ici 2030, rapprochant les communes et les CPAS.

Cette évolution soulève des questions au sein du secteur. Vaessen souligne la nécessité de maintenir un véritable « pôle social » qui préserve la nature distincte du travail social. « La proximité avec les citoyens doit rester au cœur du modèle, » conclut-il.

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