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L'Équateur accueille le premier Sommet mondial sur la biodiversité à Quito

L’Équateur accueille le premier Sommet mondial sur la biodiversité à Quito

L’Équateur a lancé mercredi le premier Sommet mondial sur la biodiversité et la production régénérative à Quito, réunissant plus d’une centaine de spécialistes pour évaluer le phénomène El Niño et l’importance économique des écosystèmes, rapporte 24brussels.

L’événement, intitulé BioSummit 2026, se poursuivra jusqu’à vendredi et rassemblera scientifiques, chercheurs, autorités, universitaires, producteurs, chefs d’entreprise et représentants d’organisations de 17 pays.

Le programme du sommet couvre la science, l’innovation, les connaissances traditionnelles et le secteur productif, mettant l’accent sur comment la biodiversité peut renforcer la sécurité de l’eau, l’adaptation au climat, la production alimentaire et la croissance économique.

Le forum se tient au Centre de convention métropolitain de Quito. Ses organisateurs visent à changer le discours qui a historiquement caractérisé les conférences environnementales.

Ce sommet affirme que la nature n’est pas seulement un patrimoine environnemental mais un cadre macroéconomique fondamental pour le progrès souverain et la bioéconomie des nations du Sud.

Il y a une ambition d’établir des bases opérationnelles rigoureuses pour lier directement la biodiversité au système financier mondial. Ainsi, le capital naturel doit être transformé d’une idée abstraite en un actif quantifiable pouvant générer des revenus.

De plus, les crédits de biodiversité et les titres vérifiés sont essentiels aux discussions, permettant aux pays en développement de monétiser leurs actifs biologiques. Cette approche positionne la nature comme un actif financier d’une importance stratégique considérable.

Le focus sur El Niño

Le phénomène El Niño est central aux discussions, incitant les spécialistes à aborder la nécessité de moderniser les systèmes de drainage et les infrastructures urbaines. L’Équateur a connu d’importantes pluies, impactant principalement la côte et les îles Galápagos, à environ 1 000 kilomètres du continent.

Plus de 48 000 personnes ont été affectées par ces pluies depuis le 29 août, entraînant au moins onze décès. Une alerte rouge a été émise cette date-là après que le Comité national d’étude régionale du phénomène El Niño (Erfen) a confirmé la survenance de celui-ci. Le sévère El Niño de 1997-1998 avait engendré des pertes d’environ 2,882 milliards de dollars en Équateur, soit approximativement 15 % du PIB du pays cette année-là.

Les experts envisagent d’examiner l’état de la biodiversité et les défis mondiaux de la conservation, ainsi que la gouvernance environnementale et la préparation aux risques climatiques. Les sujets traités incluent le suivi d’El Niño, les systèmes d’alerte précoce, l’adaptation multisectorielle et la protection des écosystèmes clés.

Le deuxième jour sera axé sur l’innovation, en abordant les approches scientifiques, technologiques, réglementaires et financières appliquées à la conservation et à la régénération de la biodiversité. Les thèmes principaux incluront l’application de l’intelligence artificielle dans les écosystèmes, la restauration des forêts, les marchés du carbone, la mesure environnementale, et les défis réglementaires dans le commerce international.

Crédits et risques climatiques

Le dernier jour portera sur le rôle de la production régénérative dans la sécurité alimentaire et de l’eau, la récupération des sols et la résilience économique.

La résilience face au changement climatique est un axe principal. La fréquence croissante des événements météorologiques extrêmes a élevé cette problématique d’une préoccupation secondaire à une priorité structurelle dans la région.

Deux résultats concrets sont attendus de ce sommet. Les participants entérineront la Déclaration de Quito, visant à standardiser les mesures internationales pour le capital naturel. Le sommet lancera également le cadre scientifique connu sous le nom de Biodiversité 2.0, qui cherche à imposer une structure technique à un domaine actuellement non régulé.

Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large visant à établir des normes internationales venant du Sud. BioSummit 2026 aspire à présenter des modèles de gouvernance reproductibles pour l’Amérique latine, l’Afrique et l’Asie du Sud-Est, régions riches en diversité biologique mais recevant une part disproportionnée des financements internationaux disponibles.

L’énorme déséquilibre entre les contributions du Sud et ses retours sert de point de départ à la discussion. Les séances de clôture détermineront si les principes de la Déclaration de Quito peuvent être traduits en normes que les institutions financières adopteraient.

COP18 en vue

L’urgence du sommet a récemment pris de l’ampleur. Vendredi dernier, l’Équateur a été désigné comme hôte de la 18e Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la biodiversité (COP18), prévue pour 2028. Cette décision a été prise par des délégations lors de la COP17 tenue à Erevan, en Arménie.

L’Équateur s’attend à accueillir des délégations de plus de 190 nations lors de cet événement mondial, qui se concentrera sur la conservation de la biodiversité, son utilisation durable et la répartition équitable des bénéfices découlant des ressources génétiques.

La désignation de l’Équateur transforme BioSummit 2026 en une étape préparatoire pour les normes que le pays devra établir avant la conférence de 2028. Les discussions en cours à Quito visent à transformer la biodiversité en un actif mesurable, pouvant potentiellement positionner le Sud mondial au centre des négociations environnementales internationales.

Les prochaines étapes restent indéfinies à la conclusion du sommet.

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