L’annonce de la nomination de Moustapha Budchich, actuellement chef de cabinet du ministre bruxellois Ahmed Laaouej (PS), en tant que représentant de la Région de Bruxelles-Capitale à Rabat, suscite le mécontentement parmi les représentants étrangers de hub.brussels. Les critiques estiment que cette décision enfreint les principes de transparence et d’égalité des chances, soulignant l’absence de processus de sélection pour ce poste.
Une lettre obtenue par BRUZZ met en lumière le mécontentement au sein du réseau étranger de hub.brussels concernant la promotion de Budchich. Il devrait céder son poste à Raphaël Jehotte, ancien chef de cabinet de Rudi Vervoort et Thomas Dermine. Une source au sein de la représentation étrangère de Bruxelles a décrit la nouvelle fonction de Budchich comme « une sortie digne. »
Cette nomination intervient à un moment où le gouvernement Dilliès a annoncé d’importantes réductions budgétaires pour le réseau étranger bruxellois, incluant la fermeture de douze bureaux et le rappel de représentants de deux autres villes vers Bruxelles. Bien qu’admettant que de telles mesures budgétaires soient souvent impopulaires, une source a souligné que l’élévation de Budchich à un rôle de représentant étranger est difficile à concilier avec ces coupes.
Pas de processus de sélection
Budchich devrait recevoir un salaire dans l’échelle A5, variant de 115 000 à 150 000 euros par an, augmenté de diverses indemnités. Actuellement, cette échelle salariale est exclusive au PDG de hub.brussels, tandis que les attachés commerciaux existants tombent sous l’échelle A1, avec des salaires environ 30 % inférieurs. Cette rémunération élevée est en partie justifiée par les nombreuses responsabilités de Budchich, qui incluent la préparation de la mission commerciale royale prévue l’année prochaine au Maroc. Cependant, des initiés considèrent ce salaire, dans le contexte des coupes budgétaires, comme « incohérent », soulevant la question de savoir si cette compensation est conforme aux règlements en vigueur qui interdisent généralement de telles rémunérations exorbitantes, et s’interrogeant sur une éventuelle modification des règles par le conseil.
Un ressentiment croissant s’exprime également concernant le privilège apparent accordé à Budchich durant son processus de nomination. « Nous avons commencé nos fonctions après un processus de sélection intensif destiné à évaluer les candidats de manière aussi objective que possible. Les principes de transparence et d’égalité des chances, qui devraient s’appliquer dans de telles procédures, sont ignorés, » a déclaré un représentant préoccupé.
Un envoyé de longue date
Âgé de 45 ans, Budchich est reconnu dans les cercles politiques bruxellois comme un loyal confident du leader du PS, Ahmed Laaouej. Il a entamé son parcours politique avec les socialistes francophones après avoir étudié le travail social dans sa vingtaine. Lors des longues négociations de coalition à Bruxelles, Budchich a joué un rôle clé au sein de l’équipe de négociation du PS, tenant efficacement la plume lors des discussions visant à rédiger l’accord de gouvernement bruxellois. Après la prestation de serment de Laaouej en tant que ministre, il a promu son allié au poste de chef de cabinet.
Cette nomination a été constatée avec une réserve : Raphaël Jehotte était censé succéder à Laaouej en tant que chef de cabinet mais a dû se retirer pour des raisons de santé. En septembre, lorsque Budchich s’en ira à Rabat pour un mandat de cinq ans, Jehotte reviendra en tant que chef de cabinet.
Une source bien informée a noté que la nomination de Budchich s’inscrit dans une série plus large de nominations effectuées à la fin du mois de juillet, la qualifiant de mouvement typique du PS. « Je pense que personne n’est satisfait de la manière dont cela s’est déroulé, même au sein du PS, » ont-ils observé.
Le ministre-président bruxellois Boris Dilliès (MR), responsable du Commerce extérieur, s’est pour l’instant abstenu de commenter le mécontentement au sein du réseau hub.brussels.