Ce week-end, l’ensemble de Bruxelles célébrera la Journée sans voiture. Cependant, à l’approche de cet événement annuel, un maire notable a lancé un avertissement percutant, mettant en lumière le fossé qui se creuse entre des opinions politiques opposées.
Olivier Maingain, qui n’occupe plus un rôle significatif dans la politique bruxelloise, continue d’affirmer son influence dans sa commune de Sint-Lambrechts-Woluwe. Peu de personnes ont été surprises par son annonce de ne pas participer à la seconde Journée sans voiture, prévue le 2 mai 2027. Selon Van Garsse, Maingain visait à démontrer que les administrations locales de la capitale ont une voix et ne devraient pas simplement se plier aux directives de la Région bruxelloise. « Dans les dix-neuf communes de Bruxelles, les Francophones exercent presque un contrôle à 100%, alors qu’il existe de nombreuses garanties pour la communauté néerlandophone au niveau régional. Je ne crois pas qu’il se pliera facilement à la demande d’Elke Van den Brandt », a-t-il déclaré.
Débats sur le budget fédéral
Jeudi dernier, un débat animé s’est déroulé au parlement fédéral concernant l’affectation du budget de sécurité fédéral par la Région bruxelloise. Selon le député Denis Ducarme du parti MR, une partie des 55 millions d’euros réservés à la sécurité était allouée à des initiatives totalement différentes, y compris un voyage à Disneyland.
Van Garsse a rappelé aux participants que Bruxelles reçoit ces fonds depuis 2001, suite à de graves émeutes. L’ancien Premier ministre Verhofstadt tenait à montrer au reste de l’Europe que la sécurité dans la capitale était assurée. « Les fonds étaient clairement destinés à la sécurité des réunions de sommets européens dans le quartier européen, mais ont ensuite été élargis pour couvrir des mesures de sécurité et de prévention dans tout Bruxelles », a-t-il expliqué.
Les accusations de Ducarme, relayées ensuite par le N-VA, affirmaient que des sections du budget de sécurité avaient été détournées pour des toilettes publiques, du logement social, des repas pour les sans-abri et même des voyages à Disneyland. Van Garsse a remarqué : « C’est une discussion que nous avons déjà vue plusieurs fois, qui tourne fondamentalement autour de visions divergentes sur la sécurité : répression contre prévention. Le PS prône la seconde option, tandis que le MR la qualifie d’‘aide sociale’ plutôt que de prévention. »
Inquiétudes concernant le cybercentre
Van Garsse a souligné des préoccupations concernant un espace utilisateur proposé, suggérant qu’il pourrait être utilisé pour soutenir ceux qui luttent contre l’addiction. « Mais cela doit-il être financé avec de l’argent destiné à la sécurité à Bruxelles ? C’est là le cœur du problème », a-t-il insisté.
Il reste à voir quelle est la vérité derrière les allégations concernant le voyage à Disneyland ou le prétendu « cybercentre fantôme », étant donné qu’aucune documentation concrète n’est encore disponible. Un audit ou une enquête parlementaire pourrait clarifier cela. Van Garsse a commenté : « Nous avons longtemps observé que le MR et le PS se renvoient la balle concernant la montée de la violence liée à la drogue à Bruxelles. Le PS, actuellement dans l’opposition au niveau fédéral, estime que le gouvernement fédéral ne s’occupe pas suffisamment de la violence liée aux drogues. Le MR rétorque en disant : ‘Regardez, Bruxelles reçoit 55 millions d’euros mais les dépense de manière totalement incorrecte.’
Cette tension permanente est une preuve supplémentaire de la relation tumultueuse entre les deux partis au sein du gouvernement bruxellois. « Il y a également un vaste débat sur la nomination des hauts fonctionnaires, comme celle d’Actiris, et des problèmes émergent à Kanal également. Encore une fois, cela repose sur une divergence de vision : projet commercial contre projet social et culturel », a conclu Van Garsse.