Skeyes, l’autorité belge de la gestion du trafic aérien, a souligné mardi qu’une demande d’harmonisation des statuts des contrôleurs aériens aux aéroports de Charleroi et de Liège « ne prend pas en compte un élément essentiel », indiquant que « la réalité opérationnelle des deux aéroports est fondamentalement différente. » Cette déclaration fait suite à l’échec d’une réunion de conciliation avec les syndicats représentant les contrôleurs aériens de l’aéroport de Charleroi et à l’annonce d’une grève qui se déroulera sur 24 nuits, du 16 septembre au 10 octobre, de 22 heures à 8 heures.
Dans une « clarification », Skeyes a précisé que l’aéroport de Charleroi est fermé la nuit, contrairement à l’aéroport de Liège. « Les chiffres du trafic montrent que les arrivées tardives à Charleroi concernent principalement des vols Ryanair en provenance de Charleroi. Dans la grande majorité des cas, le dernier aéronef arrive avant minuit. Une fois cette dernière arrivée gérée, les deux contrôleurs aériens présents peuvent aller se coucher », a expliqué l’autorité.
En revanche, l’aéroport de Liège assure en moyenne 27 vols par nuit. « Les contrôleurs aériens de Liège fournissent donc des services opérationnels pendant la nuit et une partie significative de leur shift », a ajouté Skeyes. L’autorité a mentionné que ces points « ont été discutés en détail » lors du processus de conciliation avec les syndicats, et que « des solutions possibles ont également été évoquées en vue de la mise en œuvre future de tours de contrôle numériques. »
Skeyes a également noté qu’avant 2009, les contrôleurs aériens à Charleroi opéraient sous un système appelé « extensions », régulé par une convention collective. Lorsque les besoins opérationnels l’exigeaient, les contrôleurs demeuraient en service au-delà de leur horaire prévu pour gérer les vols retardés, recevant une prime spécifique pour ces extensions. Cependant, un arrangement différent a été établi en 2009, en concertation avec les syndicats. « Au lieu de rentrer chez eux après avoir géré le dernier vol, les contrôleurs aériens concernés pouvaient rester et passer la nuit sur place. Ce service était considéré comme un service de nuit et était compensé en conséquence », a précisé Skeyes.
contrôleurs aériens, grève aéroport Charleroi, service opérationnel Liège, extensions horaires, tours de contrôle numériques