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Critiques sur l'occupation temporaire du bâtiment fédéral de la rue Tervuren : « Y a-t-il trop d'argent ? »

Critiques sur l’occupation temporaire du bâtiment fédéral de la rue Tervuren : « Y a-t-il trop d’argent ? »

Les tensions politiques montent autour du bâtiment vacant du Service public fédéral des Pensions situé sur la Tervurenlaan, alors qu’Alexia Bertrand (Anders) a soulevé des inquiétudes en commission des Pensions concernant une perte annuelle estimée à 600 000 euros de revenus locatifs due à l’absence de locataires dans le bâtiment. Le ministre des Pensions, Jan Jambon (N-VA), a défendu l’occupation temporaire de l’espace par le collectif de squatteurs Rockin’ Squat, soulignant que le bâtiment est destiné à être vendu à l’avenir.

Le bâtiment, inoccupé depuis 2021, a été occupé en 2024 par des squatteurs relocalisés d’un site sur la Kroonlaan à Ixelles. Le gouvernement fédéral a signé un accord d’occupation temporaire avec Rockin’ Squat, leur permettant de gérer les lieux, qui abritent désormais environ quatre-vingts résident(e)s, principalement des demandeurs d’asile en situation précaire.

Depuis que Rockin’ Squat a pris en charge la gestion, le comité de quartier Montgomery-Tervuren a critiqué la situation, affirmant une non-conformité aux normes de sécurité et les perturbations causées par les poules élevées sur place. De plus, les habitants du quartier ont exprimé leurs préoccupations concernant les événements organisés dans le jardin, alléguant que des individus non vulnérables vivent dans le bâtiment sans payer de loyer.

Revenus perdus

Lors de la séance de la commission des Pensions de la semaine dernière, Bertrand, résidente de Sint-Pieters-Woluwe, a interrogé le ministre Jambon sur les problèmes non résolus liés à l’occupation du bâtiment. « Il semble que l’État dispose de fonds excédentaires. En ne louant pas le bâtiment, il perd 600 000 euros par an depuis trois ans. Pourquoi avez-vous prolongé l’accord avec une association de squatteurs ? »

Bertrand a souligné le besoin urgent de ces fonds alors que le gouvernement fédéral tente de maîtriser un déficit de dix milliards d’euros. Elle a exprimé sa perplexité quant à la raison pour laquelle le bâtiment n’a pas été loué ou vendu.

En réponse, Jambon a noté que le bâtiment ne pourrait générer 600 000 euros de revenus locatifs par an que si des rénovations complètes étaient effectuées, ce que le service des Pensions a choisi de ne pas faire en raison des coûts prohibitifs. Ainsi, la propriété est destinée à une vente future.

Perturbations

« L’utilisation temporaire du bâtiment empêche qu’il soit classé comme vacant, évitant ainsi des taxes régionales et municipales en attendant la vente, » a noté Jambon.

Il a reconnu les plaintes concernant les perturbations signalées par le comité de quartier. « Les préoccupations relatives aux perturbations éventuelles dans le voisinage sont prises au sérieux, mais il n’existe souvent pas de preuve objective, comme des rapports officiels, pour mettre en œuvre des mesures contre l’organisation (Rockin’ Squat). Nous avons également demandé à cette organisation de cesser d’organiser des événements dans le jardin. »

Le maire de Sint-Pieters-Woluwe, Benoît Cerexhe (Les Engagés), a confirmé que de nombreux résident(e)s expriment en effet leurs préoccupations concernant la situation. « Les rassemblements en soirée et la présence d’animaux dans le jardin ont suscité des plaintes, » a déclaré son porte-parole, indiquant que le voisinage a été perturbé.

Le bureau du maire considère Rockin’ Squat comme une organisation non neutre, notant que les statuts du collectif reflètent une philosophie politique visant à rompre avec les modes de coexistence conventionnels. Cependant, aucune donnée spécifique sur le nombre de plaintes n’a été fournie.

Ferme pédagogique

Rockin’ Squat a répondu aux critiques, affirmant que la majorité de ses résidents se trouve dans des situations très vulnérables et que les retours proviennent seulement d’un petit segment du quartier. « Nous avons cessé les concerts dans le jardin, et les poules font partie d’une petite ferme pédagogique, » ont-ils expliqué.

Dans une déclaration faite à BRUZZ, Rockin’ Squat a accusé le maire de « protéger uniquement les résident(e)s fortuné(e)s. » « Il prétend qu’ils ont droit à la tranquillité, mais nos résident(e)s le méritent également, surtout étant donné qu’ils subissent des visites policières tous les deux jours, » ont-ils affirmé.

« La police a indiqué que le maire demande des preuves de perturbations, mais aucune n’est trouvée. Il n’existe pas un seul rapport officiel. C’est toujours le même voisin mécontent qui appelle les autorités. Nous en avons assez, » ont-ils ajouté.

Occupation positive

L’organisation ne nie pas sa philosophie politique, affirmant sa position contre la violence envers les populations vulnérables et la répartition inégale des richesses, ainsi que critiquant les récentes politiques migratoires du gouvernement. « C’est une question de liberté d’expression ; le maire ne devrait pas intervenir, » ont-ils déclaré.

Selon le collectif, les problèmes soulevés sont mineurs par rapport à la bonne gestion de l’occupation.

L’accord d’utilisation avec Rockin’ Squat doit expirer le 15 juillet 2027, tandis que le service fédéral des Pensions évalue actuellement diverses options de reconversion pour le bâtiment, avec une décision attendue dans les mois à venir.

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